
Lundi 20 mai 2013
Le jour où j'ai peut-être vu le meilleur film de la sélection

Tout commence par un café...
Lundi matin, 7h25, direction le Palais des Festivals, je croise quelques fêtards passablement éméchés à la recherche d'un taxi, la projection commence dans une heure, mais je ne veux pas rater l'entrée en compétition de "Wara no tate", le film de Takashi Miike, l'un de mes réalisateurs préférés.

La grande salle a 7h30 La grande salle a 8h30
Et une fois de plus Miike m'a surpris. Certes ce n'est pas son meilleur film, mais le réalisateur japonais nous livre un thriller "moitié moitié", on y retrouve le Miike un peu fou, surtout dans la première partie, la plus réussie, puis dans la seconde, c'est le Miike assagit, certains diront en recherche de reconnaissance, plus bavard, moins efficace. Mais il n'empêche que son film nous renvoie toutes les contradictions d'une société japonaise tellement lisse en apparence et qui pourtant souffre en profondeur du poids de ses traditions, une société parfois un peu malade. Bref, entre série B, polar jouissif et quelques longueurs et maladresses, ce film reflète le cinéma de Miike d'aujourd'hui, un cinéma qui se recherche, entre le punk d'antan et le réalisateur invité à Cannes.

Malheureusement en majorité le public et la presse n'ont pas vraiment aimé, et le matin en projection de presse le film a été sifflé. Personnellement je trouve cela honteux, on peut ne pas aimer un film mais respecter le réalisateur et le travail de ses acteurs. Cela montre la méconnaissance de la presse occidentale face au travail du réalisateur japonais. Je trouve courageux de la part du Festival d'avoir sélectionné un film différent, mais la critique cannoise ne supporte guère la différence. On m'a d'ailleurs rapporté ces propos d'un spectateur ulcéré qui à la fin de la projection s'est levé en hurlant "Va vendre des sushis !" A Cannes les gens ont parfois du mal à se contrôler, et ce n'est pas beau ni à voir ni à entendre. Pour finir cette matinée Miike j'ai assisté à la conférence de presse du réalisateur en présence des acteurs.

Autre grand moment de cette très belle journée, la projection de "Inside Llewyn Davis" des frères Coen, le film qui fait le buzz depuis deux jours. L'entrée en salle ne m'est pas garantie, car j'ai raté la projection presse, ainsi que les projos sur invitation, c'est une projection du lendemain. Vu les critiques dithyrambiques, nous sommes nombreux à vouloir rattraper notre retard et plusieurs dizaines de personnes font la queue depuis des heures. Avec ma carte presse je passe prioritairement... en résumé la presse à elle seule remplie quasiment la salle sous le nez et à la barbe de ceux qui n'ont pas la bonne accréditation et qui ont attendu pendant des heures... Le journaliste devant moi s'est fait traité de "voleur !" par deux petites vieilles furieuses qui ont tout de même réussi à entrer. Le festival c'est comme un gros gâteau, tout le monde veut une part, mais nous sommes trop nombreux, et dès qu'un film fait parler de lui, et bien c'est la guerre ! Et le film me direz-vous ? C'est sans doute l'un des meilleurs Coen, et sa petite musique vous accompagnera encore longtemps après le générique de fin. C'est une balade folk, drôle et poétique, un grand film qui devrait sans doute se retrouver au palmarès, pour l'instant mon film coup de coeur.

Devant l'hotel Martinez, des gens photographient d'autres gens
Cannes, ce sont des films, mais aussi des gens, partout, des gens prioritaires, des gens qui entrent partout et d'autres nulle part. Et puis il y a les gens qui viennent regarder, ils regardent les gens venus pour qu'on les regarde. Partout les gens photographient des gens connus, sans être vraiment sur qu'ils le soient, mais on ne sait jamais, comme cela les gens pourront montrer leurs photos à d'autres gens jaloux en disant : "Tu as vu les gens connus, je les ai vu en vrai, enfin je crois..."

Le Festival c'est plusieurs sélections, et mon prochain film sera donc un film de la Quinzaine des réalisateurs, il s'agit d'un premier film "Les garçons et Guillaume, à table !" de Guillaume Gallienne, l'adaptation de son spectacle. Un peu en décalage avec une salle conquise des les premières minutes, il m'a fallu un peu de temps pour me laisser porter par le film. Mais à force de bonnes idées, de répliques tres drôles et de personnages savoureux, je me suis laissé conquérir et j'avoue avoir passé un excellent moment. La projection s'est terminée par une longue standing ovation pour l'équipe du film tres émue.

Comme je sais, chers lecteurs, que vous aimez les frivolités, je vais partager avec vous en photos ma fin de soirée, que j'ai passé sur le bateau Arte en compagnie de quelques amis... Rendez-vous demain pour mon avis sur le dernier Soderbergh et peut-être un peu de... Troma !

Le bateau La vue
Oui je sais, vous auriez voulu en voir plus... et bien non...
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