L’étrange festival…
des films, des coups de cœur, des coups de gueule et du café !
Et voilà, comme tous les ans, le rendez-vous du cinéma pas comme les autres a débuté vendredi 2 septembre au forum des images. Si je ne peux pas cette année assister à toutes les projections, je vais quand même avoir la chance de visionner quelques films... étranges... Rendez-vous sur cette page pour y lire au jour le jour mes critiques !
Ex Drummer
Et voici donc le « C’est arrivé près de chez vous » flamand, frère punk de Trainspotting, adaptation trash d’un roman de Herman Brusselmans, le film de Koen Mortier a inauguré mon étrange festival. Le résultat : 100 minutes inclassables, visite vertigineuse dans les méandres de la misère humaine, cynique, sans concession, d’une violence crue, parsemée de scènes magiques, qui jaillissent du chaos de ce premier long métrage hystérique. Ceci dit, le film n’est pas exempt de défauts, parfois un peu brouillon, avec sur la fin quelques facilités, mais il n’empêche que la claque est réussie et vous laissera chaos quelques heures !
The Woman
En 2004, Lucky McKee nous offre un petit bijou du cinéma fantastique avec « May », son premier film. Malheureusement il connaîtra ensuite quelques déboires avec les studios (The Woods, Red), c’est donc avec beaucoup de curiosité que je suis allé découvrir son nouveau film, « The Woman ». A l’arrivée c’est une petite déception. Si le film n’est pas totalement mauvais, le résultat ne convainc pas. Si l’idée de départ fonctionne bien, la femme sauvage enlevée par un homme soi-disant civilisé et qui veut l’éduquer, le film s’enlise ensuite dans une succession de clichés qui empêchent le réalisateur d’étayer son propos. Dommage, car des pistes intéressantes sont absolument inexploitées ou survolées maladroitement par Lucky McKee. Et lorsque l’explosion de violence finale arrive, il est malheureusement trop tard pour sauver le film et le spectateur qui, depuis de longues minutes, se demande à quelle heure est son prochain métro…
Dead Heads
S'il suffisait d'aimer un film pour réussir le sien, tout le monde serait réalisateur. Les frères Pierce ont sûrement dû adorer 'Shaun of the Dead". Mais pour qu'une comédie fontionne il faut d'abord qu'elle soit drôle... Malheureusement et malgré une bonne idée de départ, "Dead Heads" est mal écrit et mal réalisé. Certes les deux acteurs principaux ne s'en sortent pas trop mal et réussissent même par moment à être intéressants, mais il n'en est pas de même pour les seconds rôles particulièrment mauvais. Et truffer son film de clins d'oeil et de répliques de classiques du genre n'est pas forcément un gage de qualité. Si quelques effets gores fonctionnent plutôt bien, l'ensemble est désespérement sans intérêt. Le film n'est même pas suffisamment raté pour être drôle. A éviter...
Stake Land
Road movie post-apocalyptique, "Stake Land", version aride, poétique et sauvage de "La Route", est une excellente surprise. On y suit Mister, un homme accompagné d'un orphelin, en route vers le canada, terre promise d'une amérique dévastée où les vampires règnent en maître sur les ténèbres, un futur terrifiant où les hommes sont parfois plus dangeureux que les monstres de la nuit. Magnifiquement filmé par Jim Mickle qui transcende les codes du genre pour nous offrir une oeuvre surprenante, un voyage initiatique, violent et emprunt d'une indicible tristesse,"Stake Land" est une vraie réussite.
Endhiran - The Robot
Superproduction Tamoule, "Endhiran" est le film qui a pulvérisé tous les records en Inde ! Réalisé par l'un des meilleurs réalisateurs de Kollywood, avec au casting la méga star Rajini dans un double rôle et l'ex miss monde Aishwarya Raï Bachchan, Endhiran est un spectacle total. Le mélange des ingrédients du Masala, amour, drame et chansons, avec de la science-fiction, de l'action, le tout parsemé d'une touche d'Isaac Asimov est un patchwork improbable, mais la magie du cinéma Indien fonctionne, et l'ensemble est explosif. Alors certes par moments les acteurs surjouent, les effets spéciaux sont parfois bâclés et à 40 ans Aishwarya devrait arrêter de jouer les étudiantes, mais l'émotion, la musique, les danses et le charisme de Rajini emportent l'adhésion. Un film qui réjouira les amateurs de Bollywood et les autres ! (Peut-être pas tous...)
Take Shelter
Ou la descente aux enfers d'un homme torturé par ses cauchemars. Un père de famille dont les rêves de tempêtes virent à l'obsession, un récit halluciné qui broie le spectateur impuissant devant la déconstruction mentale de cet homme qui cherche à protéger sa famille d'un futur terrifiant qui résonne dans son esprit mais dont il ne peut prouver la réalité. Au milieu de cette chronique familiale schizophène , Michael Shannon, boulversant en père protecteur, filmé par Jeff Nichols qui réalise l'un des films les plus surprenants du moment. Une tragédie bluffante, un grand moment de cinéma qui ne vous laissera pas indifférent.
Drive
Pour voir la critique, rendez-vous sur : Drive
Hobo With A Shotgun
Second long-métrage issu d’une des fausses bandes-annonces que l’on pouvait découvrir entre "Death Proof" de Tarantino et "Planet Terror" de Rodriguez, "Hobo With A Shotgun" tient ses promesses. Nettement plus décomplexé et réussi que "Machete", extrêmement violent, drôle et distrayant, mené par un très bon Rutger Hauer, cette histoire de clochard justicier se laisse regarder sans déplaisir. Certes le film manque un peu de folie par moment, mais les amateurs de cinéma Grindhouse y trouveront leur compte !
The Divide
Petite déception que le nouveau film de Xavier Gans. Son huis clos souffre malheureusement d’un scénario très inégal. Si certains personnages sont très réussis, d’autres sont vraiment très mal écrits, même problème pour l’histoire, certaines pistes sont abandonnées sans explication, rendant l’ensemble particulièrement brouillons. Heureusement la réalisation, le rythme, la musique et l’énergie des acteurs sauvent le film d’un ratage total. C’est donc une sympathique série B bourrée d’erreurs mais truffée de bonnes intentions que nous propose Xavier Gans. Un film à découvrir malgré tout, sans doute le meilleur de son réalisateur.
Guilty of Romance
Quelle mise en scène, quel film, à l’image de son réalisateur, poétique et décalé. « Guilty of Romance » n’est pas un film facile, étouffant, parfois trop long, trop bavard, mais d’une telle richesse. Portrait d’une femme japonaise enchaînée dans sa condition d’épouse modèle, qui va chercher à se libérer en se prostituant, parcours de sexe et de sang, d’un cliché à l’autre. Film hypnotique, halluciné et hallucinant, œuvre majeur de Sono Sion, observation sous acide d’une société japonaise où la femme est encore souvent cantonnée traditionnellement au rôle d’épouse. Film choc, intelligent et oppressant, Guilty of Romance vous poursuivra longtemps…
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